Débat avec le syndicat UNSA

Chômage : 

Invisibilité des Jeunes

Invisibilité des Seniors

 

Assemblée générale de La Herse

14 mars 2014, Salle du Conseil - Mairie du 20ème arrondissement

 

M. Julien Bargeton, premier adjoint à la Mairie du 20e, a accueilli les participants de l’assemblée générale de La Herse en souhaitant à tous qu’elle leur soit fructueuse. Il a dit sa satisfaction que La Herse initie, avec les acteurs locaux dans  le 20e  arrondissement, l’action  « Favoriser le retour à l’emploi des seniors parisiens ». Il s’est félicité que ce projet de La Herse soit soutenu par la Ville de Paris. M. Bargeton a dit le très vif intérêt des élus pour ce type d’initiatives locales et il a manifesté sa volonté d’être associé au suivi de ce programme pour en envisager les suites à donner.

 

La  première partie de l’AG de la Herse a été consacrée à un échange croisé de La Herse avec Claire Caboche du syndicat UNSA. Le thème choisi était : « Politique de l’emploi, invisibilité des jeunes et invisibilité des seniors ».

En effet, Claire Caboche nous a fait le plaisir de venir à notre AG et cela à double titre. Premièrement, l’Union départementale parisienne de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes /http://www.unsa-ud75.fr/0441909d2309b8501/index.html), a été retenue par la Ville de Paris, comme La Herse, pour développer l’action « Favoriser le retour à l’emploi des seniors parisiens ». Qu’un syndicat s’engage ainsi sur le terrain concret de l’accompagnement de seniors au chômage est un évènement très significatif de la mobilisation de tous pour « faire bouger les choses ».  Deuxièmement, il se trouve que cette syndicaliste a développé, en lien avec Philippe Meirieu, un travail de thèse centré sur « La jeunesse invisible ou les jeunes de nulle part, ni en emploi, ni en formation, ni en accompagnement ». Claire Caboche estime qu’environ deux millions de jeunes de moins de 26 ans ne sont ni en emploi, ni en formation. Les jeunes rentrent en invisibilité, dit-elle, pour de multiples raisons. La complexité de leurs situations, et le défaut notamment de comptage précis, rendent difficile leur repérage. Claire Caboche met en garde contre une idée fausse : On a pu considérer un temps que ces jeunes étaient  principalement issus des milieux défavorisés, on les retrouve maintenant dans toutes les catégories socioculturelles de la population.Ces jeunes, relève-t-elle, ont une image désastreuse d’eux-mêmes : « Je ne suis (plus) rien ». Ce qui les relègue au ban de la société et leur ferme toutes les portes (emploi, logement, indépendance…). Nombre d’entre eux souffrent de troubles psychiatriques plus ou moins bien pris en compte et traités.Pour arrêter le « flux » montant de ces invisibles, il est urgent d’agir en tablant tout d’abord sur la mobilisation de l’Education nationale pour mieux former les jeunes et ne plus les abandonner, sur une revalorisation de la formation professionnelle et sur une véritable orientation choisie. Mais pour ceux qui sont déjà sortis de la voie « royale » sans suivi, ce que Claire Caboche appelle le « stock », comment les trouver, comment les accompagner à retrouver une dignité et les réinscrire dans la société, comment les ramener dans une dynamique positive ?Parce qu’elle a travaillé avec son syndicat sur la mise en place du Contrat de génération, elle estime qu’il existe une prise de conscience de son syndicat sur le chômage des jeunes et sur celui des seniors.

 

La Herse n’oppose pas les jeunes et les seniors, ces derniers étant assez satisfaits que leurs propres enfants soient l’objet d’une attention soutenue des politiques publiques. La Herse estime qu’il y a aussi une invisibilité du chômage des seniors. Si Claire Caboche a pu souligner  que les jeunes dits « invisibles » sont parfois visibles dans la rue…, c’est moins le cas des seniors selon Christian Tubeuf intervenant pour La Herse. Et cela est aggravé par le manque de moyens mobilisés à l’intention des seniors demandeurs d’emploi : Pas ou très peu de politiques publiques spécifiques, pas d’intellectuel comme Bertrand Schwartz à son époque pour sensibiliser au chômage des seniors, pas de missions locales dédiées, pas de grands colloques, pas d’Emploi d’avenir,  pas d’étude sur les nouvelles formes de paupérisation des seniors alors que le passage à la retraite recule, pas de seniors relais dans les entreprises et rarement des tuteurs jeunes lors de l’embauche de seniors…etc. Le débat avec la salle a permis de valoriser le rôle d’aiguillon et de révélateur lorsque des collectivités locales créent du dispositif nouveau en réponse locale au déficit des politiques publiques. L’accent sera alors mis par un participant sur le rôle que jouent les syndicats dans les négociations, tant au niveau très local d’une entreprise  (GPEC, plans seniors, Contrat de génération) que pour les grandes négociations nationales.

 

La Herse appuie la promotion du Contrat de génération auprès des entreprises. Aujourd’hui, en l’état, la sensibilisation des entreprises, c’est la moitié du travail à faire. L’échange avec la syndicaliste de l’Unsa permet d’ouvrir une piste, celle de sensibiliser de manière nouvelle les syndicats au chômage des seniors. Enfin, ayant rappelé  les demandeurs d’emploi peuvent se syndiquer, Claire Caboche invite La Herse à concevoir avec l’UNSA une initiative prochaine vers les syndicats au niveau départemental, et particulièrement un « mode d’emploi » syndical de l’emploi des seniors, à l’image de celui réalisé par eux sur l’emploi des jeunes. L’invitation est enregistrée !

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