"Senior, et alors ?" ... MICROSOFT !

Sous l’intitulé « Senior et alors ? », une réunion tout à fait remarquable s’est tenue le jeudi 30 mai 2013 au siège français de Microsoft.

Quatre membres de la Herse y étaient présents. La salle était  composée de personnes et d’acteurs plutôt préoccupés de domotique sanitaire pour réduire l’isolement des plus âgés et les accompagner par l’usage des nouvelles technologies. Deux tiers de l’après-midi ont été consacrés à ces thèmes autour de la dépendance. C’était très intéressant mais peut-être moins urgent que la situation de ces seniors entre 50 et 65 ans qui se préoccupent de leur revenus et de recherche active d’emplois. La première partie des tables-rondes, dont des échanges brefs avec la salle, a été consacrée à ces derniers problèmes.

 

Il fut bon d’entendre une chercheuse universitaire du Centre d’Etudes des Mouvements Sociaux (http://cems.ehess.fr ), Anne-Marie Guillemard, rappeler qu’aujourd’hui,   en France, 80% de l’emploi était capté par 40% de la population active. Cette enseignante donnant l’exemple de la Finlande a expliqué comment un tel pays a pu en 5 ans rattraper ses retards et faire remonter son taux d’emploi, puis souligné qu’en France les politiques publiques de l’emploi n’ont pas été efficaces…

Denis Jacquet, Président de Parrainer la croissance (www.parrainerlacroissance.org ), a montré comment dans leur labo Accélérateur de croissance (www.accelerateurdecroissance.com ) , ils avaient pu miser sur l’intergénérationnel au service des Pme, sa cible privilégiée puisque 90% des emplois relèvent d’entreprises de moins de 20 salariés.

Reynald Chapuis, directeur de l’innovation et de la responsabilité sociétale et environnementale de Pôle emploi, exprima ses craintes que l’on forme aujourd’hui avec les seniors des « groupes à stigmates » qui conduisent à la « paupérisation des personnes âgées ».. Ses réflexions ont ensuite porté sur la rencontre dans le cadre des activités de pôle emploi des trois acteurs que sont les seniors, les entreprises et les conseillers. Soulignant des difficultés comme la perte d’estime de soi, ou encore le fait que « le long CV des seniors peut relever plus d’un passif que d’un passé », Reynald Chapuis a estimé qu’il ne faut oublier que « deux seniors n’ont en commun que l’âge ». Les réflexions de ce dirigeant de Pôle emploi sur la mobilisation des compétences nous a fait tendre l’oreille puisque cela correspond à une réflexion interne à La Herse, avec un répertoire des métiers (ROME) qui ne permet plus la rencontre entre demandeurs d’emploi et entreprises : oui, il faut oser l’idée de « Maisons de compétences » où les seniors pourraient articuler différemment leurs démarches. 

 

 

Nous n’oublierons pas non plus les propos liminaires de Laurence Lafont Galligo, Directrice du Secteur Public de Microsoft France, à travers sa présentation assez efficace des politiques actives de Microsoft en interne comme vers l’externe. Sur ce dernier point, nous nous sommes demandé si certains seniors ne pourraient pas bénéficier d’un dispositif adapté de « classe immersive ».

 

 

Evoquant son action dans Monalisa (Mobilisation Nationale contre L’Isolement des Agés), Mme Brigitte Ayrault a jugé essentiel « de changer le regard que l’on porte sur les âgés » en affirmant qu’ils «sont une chance, et non pas une charge ». Puis, Mme Michèle Delaunay, la « ministre qui tweete », a clos la journée sur la croissance de la « silver économie » qui porterait la création de 300 000 emplois.